Amiante dans les bâtiments : ce que disent les données 2024

La Direction générale de la santé (DGS) a publié en avril 2026 une synthèse sur l’activité 2024 des diagnostiqueurs immobiliers certifiés pour le repérage de l’amiante. Ce document apporte un éclairage précieux sur l’état du parc immobilier français, les pratiques de repérage et les enjeux persistants liés à la présence d’amiante dans les bâtiments.

Le 27 avril 2026

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Amiante : ce que révèle la synthèse 2024 de l’activité des diagnostiqueurs certifiés

Temps de lecture : 6 min – Catégorie : réglementation

La Direction générale de la santé (DGS) a publié en avril 2026 une synthèse très attendue sur l’activité 2024 des diagnostiqueurs immobiliers certifiés pour le repérage de l’amiante. Ce document apporte un éclairage précieux sur l’état du parc immobilier français, les pratiques de repérage et les enjeux persistants liés à la présence d’amiante dans les bâtiments.

Une activité de repérage toujours très soutenue

En 2024, 782 457 repérages et diagnostics amiante ont été réalisés en France, selon les données consolidées issues de 6 143 rapports d’activité déposés sur la plateforme SI-amiante .

Sans surprise, le secteur résidentiel domine largement :

  • 41 % des diagnostics concernent les parties privatives d’immeubles collectifs,
  • 34 % les maisons individuelles.

Ces chiffres confirment que l’habitat résidentiel reste le principal gisement de matériaux amiantés, en raison notamment de l’usage massif de l’amiante avant son interdiction en 1997.

Des missions majoritairement centrées sur les listes A et B

Comme le montre le tableau en page 5, les missions de repérage se concentrent principalement sur :

  • 63 % pour les repérages ou évaluations périodiques des matériaux des listes A et B,
  • 22 % pour les repérages avant travaux (RAAT),
  • 11 % pour les repérages limités à la liste A.

Cette répartition illustre le poids des obligations réglementaires du Code de la santé publique et du Code du travail, notamment pour les opérations d’entretien, de rénovation et de maintenance.

Une présence d’amiante encore significative

Les résultats des repérages montrent que l’amiante reste largement présent dans le bâti existant.

Selon le tableau page 7 :

  • Lors des repérages des listes A et B, 44 % des diagnostics détectent la présence d’amiante,
  • Les éléments les plus fréquemment concernés sont :
    • les conduits, canalisations et équipements intérieurs (27 %),
    • les éléments extérieurs (14 %),
    • les planchers et plafonds (9 %).

En revanche, les repérages avant travaux révèlent une absence d’amiante dans 73 % des cas, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic préalable pour sécuriser les interventions.

Des disparités régionales marquées

La répartition géographique des diagnostics met en évidence, logiquement, une forte concentration dans les régions les plus peuplées :

  • Île-de-France : 18 % des diagnostics,
  • Auvergne-Rhône-Alpes : 12 %,
  • Hauts-de-France : 10 % .

Ces écarts reflètent à la fois la densité du parc immobilier et l’intensité des opérations de rénovation.

Un état de conservation globalement maîtrisé… mais à surveiller

Les données sur l’état de conservation des matériaux (page 12) montrent que :

  • 99 % des repérages de la liste A ne détectent pas de matériaux amiantés dégradés nécessitant des mesures urgentes,
  • Les situations nécessitant un retrait ou confinement (niveau N=3) restent marginales.

Toutefois, la présence d’actions correctives sur les matériaux de la liste B (page 13) rappelle que la gestion du risque amiante reste un enjeu opérationnel constant, notamment dans les bâtiments anciens.

Le rôle clé des analyses en laboratoire

L’analyse des matériaux constitue un levier essentiel pour confirmer la présence d’amiante :

  • Plus de 4,8 millions d’analyses ont été réalisées en 2024,
  • Avec un taux de résultats positifs de 8 % (page 14).

Les repérages avant travaux concentrent à eux seuls 95 % des analyses, preuve de leur importance dans la prévention des risques professionnels.

Des limites de données à prendre en compte

La DGS souligne plusieurs limites importantes :

  • Une non-exhaustivité des rapports d’activité,
  • L’absence d’obligation de remontée des données pour les repérages avant travaux,
  • Des erreurs de saisie ou incohérences dans certains rapports (page 15).

Des évolutions réglementaires sont envisagées pour améliorer la qualité et la fiabilité des données, notamment via un renforcement des contrôles et une meilleure intégration des outils numériques.

Ce qu’il faut retenir

Cette synthèse 2024 confirme plusieurs tendances fortes :

  • L’amiante reste omniprésent dans le parc immobilier français,
  • Les diagnostics réglementaires jouent un rôle central dans la gestion du risque,
  • Les repérages avant travaux sont essentiels pour la prévention,
  • La fiabilité des données constitue un enjeu clé pour les années à venir.

Dans un contexte de rénovation massive du bâti, ces enseignements renforcent la nécessité de professionnaliser encore davantage les pratiques de repérage amiante et d’améliorer le suivi réglementaire.

Sources

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