Prévention des cancers professionnels : les enjeux de la co-exposition amiante-radon

Le mésothéliome pleural, cancer rare et agressif touchant la plèvre, reste fortement associé à l’exposition à l’amiante. En France, cette maladie est responsable d’environ 1 000 décès par an. Toutefois, de nouvelles recherches scientifiques s’intéressent désormais au rôle potentiel d’autres facteurs environnementaux, notamment le radon, gaz radioactif naturel déjà identifié comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. Une étude récente explore précisément l’impact possible d’une double exposition à ces deux agents cancérogènes.

Le 19 mai 2026

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Amiante et radon : une co-exposition étudiée dans la survenue du mésothéliome pleural

Temps de lecture estimé : 4 minutes
Catégorie : Recherche / Santé au travail / Prévention

Le mésothéliome pleural, cancer rare et agressif touchant la plèvre, reste fortement associé à l’exposition à l’amiante. En France, cette maladie est responsable d’environ 1 000 décès par an. Toutefois, de nouvelles recherches scientifiques s’intéressent désormais au rôle potentiel d’autres facteurs environnementaux, notamment le radon, gaz radioactif naturel déjà identifié comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac.

Une étude récente intitulée « Effet d’une co-exposition amiante-radon dans la survenue du mésothéliome pleural » explore précisément l’impact possible d’une double exposition à ces deux agents cancérogènes.

Une hypothèse de risque renforcé par la co-exposition

L’amiante demeure le principal facteur de risque du mésothéliome, impliqué dans près de 8 cas sur 10. Cependant, les chercheurs cherchent désormais à comprendre si une exposition simultanée au radon pourrait augmenter davantage le risque de développer cette pathologie.

Les études expérimentales réalisées chez l’animal suggèrent déjà l’existence d’un effet synergique entre plusieurs agents cancérogènes. Certaines observations montrent notamment :

  • une multiplication du risque de cancer pulmonaire par 2 à 4 lors d’une co-exposition au radon et à la fumée de tabac ;
  • un surrisque de tumeurs pulmonaires lors d’une exposition associant fibres minérales et radon ;
  • une augmentation significative de l’incidence du mésothéliome chez des rats exposés simultanément à des fibres de chrysolite et à des irradiations thoraciques.

Dans ces expérimentations, l’incidence du mésothéliome atteignait 11,8 % en cas de co-exposition, contre 3,8 % lors d’une exposition aux seules fibres minérales.

Le radon, un enjeu émergent de santé publique

Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent dans certains sous-sols granitiques ou volcaniques. Invisible et inodore, il peut s’accumuler dans les bâtiments mal ventilés.

Déjà reconnu comme un facteur majeur de cancer bronchopulmonaire, il pourrait également jouer un rôle dans la survenue du mésothéliome lorsqu’il est associé à une exposition à l’amiante.

Cette hypothèse est particulièrement importante dans certains secteurs professionnels et territoires où les travailleurs peuvent être exposés simultanément :

  • aux fibres d’amiante ;
  • aux rayonnements ionisants naturels ;
  • à des environnements confinés favorisant l’accumulation du radon.

Le Programme national de surveillance du mésothéliome au cœur des recherches

Pour approfondir ces connaissances, les chercheurs s’appuient sur les données du Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM), mis en place en 1998.

Ce programme recense l’ensemble des cas de mésothéliome observés dans 21 départements français. Plus de 4 000 cas ont ainsi été étudiés entre 1998 et 2023.

Les analyses prennent en compte :

  • les parcours professionnels ;
  • les expositions environnementales et domestiques ;
  • les données géographiques liées au radon ;
  • les historiques résidentiels sur l’ensemble de la vie.

L’objectif est d’améliorer l’identification des facteurs de risque et de renforcer les politiques de prévention des cancers professionnels et environnementaux.

Vers une évolution des stratégies de prévention ?

Ces travaux scientifiques pourraient contribuer à faire évoluer les approches de prévention en intégrant davantage les problématiques de co-exposition.

À terme, cela pourrait conduire à :

  • une meilleure prise en compte du radon dans les évaluations de risques professionnels ;
  • un renforcement des mesures de surveillance dans certaines zones géographiques ;
  • une amélioration du suivi médical des populations exposées ;
  • des actions de prévention ciblées dans les bâtiments anciens ou mal ventilés.

L’étude confirme surtout l’importance d’une approche globale des expositions professionnelles et environnementales dans la compréhension des cancers liés à l’amiante.

Sources

  • Pedelacq Alexandre, Guillemin Léa, Brochard Patrick, Audignon Sabyne, Delva Fleur, Rousseau Sarah, « Effet d’une co-exposition amiante-radon dans la survenue du mésothéliome pleural », publié le 14 mai 2026, ScienceDirect.
  • Centre hospitalier de la Côte Basque (CHCB), Bayonne, France.
  • CHU de Pellegrin, Bordeaux, France.
  • Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (ISPED), Bordeaux, France. 

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