Prélèvement d'air : ce que prévoit l’Espagne pour mesurer les fibres d’amiante

L’Instituto Nacional de Seguridad y Salud en el Trabajo espagnol publie un document, consacré à la détermination des fibres d’amiante dans l’air par captation sur filtre de membrane et microscopie optique à contraste de phases. Cette méthode concerne le cadre technique applicable en Espagne. Elle ne constitue pas une méthode réglementaire française, mais présente un intérêt de veille technique et comparative pour les acteurs de la prévention du risque amiante. Ce document, publié à Madrid en avril 2026, actualise une méthode de référence pour l’évaluation de l’exposition professionnelle à l’amiante. Il s’adresse principalement aux laboratoires d’analyse, aux préleveurs, aux entreprises de désamiantage et aux spécialistes de la prévention des risques professionnels.

Le 25 juin 2026

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Espagne : nouvelle méthode INSST 2026 pour la détermination des fibres d’amiante dans l’air

Temps de lecture estimé : 3 minutes — Catégorie : Technique / Réglementation — Pays concerné : Espagne

L’Instituto Nacional de Seguridad y Salud en el Trabajo (INSST), équivalent espagnol de l'INRS, publie le document MTA/MA-051/A26, consacré à la détermination des fibres d’amiante dans l’air par captation sur filtre de membrane et microscopie optique à contraste de phases. Cette méthode concerne le cadre technique applicable en Espagne. Elle ne constitue pas une méthode réglementaire française, mais présente un intérêt de veille technique et comparative pour les acteurs de la prévention du risque amiante.

Ce document, publié à Madrid en avril 2026, actualise une méthode de référence pour l’évaluation de l’exposition professionnelle à l’amiante. Il s’adresse principalement aux laboratoires d’analyse, aux préleveurs, aux entreprises de désamiantage et aux spécialistes de la prévention des risques professionnels.

Une méthode de mesure fondée sur la microscopie optique

Le protocole décrit la détermination de la concentration de fibres d’amiante en suspension dans l’air à partir d’un prélèvement réalisé sur un filtre de membrane en nitrate et acétate de cellulose. Les fibres retenues sont ensuite comptées par microscopie optique à contraste de phases.

La méthode est fondée sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé relatives à la détermination des fibres en suspension dans l’air. Elle permet de quantifier des concentrations exprimées en fibres par cm³ d’air, mais présente une limite importante : la microscopie optique ne permet pas d’identifier la nature exacte des fibres. Lorsque l’identification est nécessaire, le document rappelle que d’autres techniques doivent être mobilisées, comme la microscopie électronique, la diffraction des rayons X ou la spectroscopie infrarouge.

Définition des fibres respirables

Le document retient la définition classique d’une fibre respirable : une particule de longueur supérieure à 5 µm, de diamètre inférieur à 3 µm et présentant un rapport longueur/diamètre supérieur à 3.

Cette définition est centrale pour harmoniser les pratiques de prélèvement d’air amiante et de comptage des fibres. Le protocole précise également les critères de comptage selon la morphologie des fibres : fibres isolées, fibres partiellement présentes dans le champ de comptage, fibres divisées, fibres groupées ou fibres associées à des particules.

Conditions de prélèvement recommandées

Pour les prélèvements personnels, le document recommande l’utilisation d’une pompe de prélèvement avec un débit de 7 l/min ou plus. La durée de prélèvement est fixée à 240 minutes, ou à la durée réelle d’exposition lorsque celle-ci est inférieure.

Le volume de prélèvement recommandé se situe entre 1 600 et 2 000 litres pour les expositions journalières. Le document souligne toutefois que le volume minimal théorique permettant de quantifier 10 % de la valeur limite d’exposition est de 4 900 litres, un volume difficile à atteindre en pratique lors des prélèvements personnels. Cette précision met en évidence les limites de la méthode pour la mesure de concentrations très faibles.

Mesures en point fixe et contrôle après décontamination

Le document consacre également un volet important aux prélèvements en point fixe, aussi appelés mesures statiques environnementales. Ces mesures peuvent être utilisées après des travaux de retrait d’amiante, à l’extérieur de zones confinées, dans les unités de décontamination ou dans des locaux contenant des matériaux amiantés.

Pour ces mesures, le protocole recommande une durée de 480 minutes et un débit d’au moins 11 l/min, afin d’atteindre des volumes supérieurs à 4 900 litres. Le seuil de 0,001 fibre/cm³ est présenté comme une valeur de référence permettant de qualifier une zone comme propre ou décontaminée.

Le document précise également les conditions de réalisation de l’indice de décontamination, notamment après nettoyage complet du local, inspection visuelle, mise en suspension des poussières éventuellement déposées et maintien d’une durée de prélèvement de 8 heures.

Assurance qualité et incertitudes de mesure

L’INSST insiste sur l’importance de l’assurance qualité. Le comptage optique des fibres comporte une part de subjectivité liée à l’observateur et au laboratoire. Le personnel chargé de l’analyse doit donc être formé, entraîné et intégré dans un dispositif de contrôle qualité interne et externe.

Le document détaille les notions de limite inférieure de comptage, de limite de quantification, de précision, de biais et d’incertitude élargie. Les données issues du programme interlaboratoires espagnol indiquent notamment un biais moyen de ±12 %. L’incertitude varie selon le nombre de fibres comptées et devient plus favorable lorsque la densité de fibres sur le filtre est optimale.

Un document de veille utile pour les acteurs amiante

Même s’il concerne spécifiquement l’Espagne, ce document constitue une source intéressante pour les professionnels français. Il permet de comparer les pratiques de prélèvement, les critères analytiques et les exigences de qualité applicables dans un autre pays européen.

Cette publication rappelle également les enjeux communs aux opérations de repérage, de retrait, de contrôle d’empoussièrement et de restitution des locaux : disposer de méthodes robustes, maîtriser les limites analytiques et garantir la fiabilité des résultats transmis aux donneurs d’ordre et aux autorités compétentes.

Source : Instituto Nacional de Seguridad y Salud en el Trabajo (INSST), MTA/MA-051/A26 – Determinación de fibras de amianto en aire. Método de captación en filtro de membrana / Microscopía óptica de contraste de fases, édition Madrid, avril 2026. 

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